La Grande Allée (1916)

Rue Grande-Allée, Québec, QC, 1916, Wm. Notman & Son, VIEW-5688, Musée McCord

La Grande Allée en 1916 (Rue Grande-Allée, Québec, QC, 1916, Wm. Notman & Son, VIEW-5688, Musée McCord)

La Grande Allée en 2014 (collection de l'auteur)

La Grande Allée en 2014 (collection de l’auteur)

(Localisation)


Cette photographie réalisée en 1916 par la firme Wm. Notman & Son montre la Grande Allée alors qu’elle se présente, à juste titre, comme la voie la plus prestigieuse de Québec. Quelques facteurs clés expliquent sa notoriété. L’implantation d’institutions sur son parcours fait d’elle un lieu de passage recherché. À partir de 1850*, on l’emprunte pour se rendre au domaine Spencer Wood (Bois-de-Coulonge), lieu de résidence du gouverneur du Canada puis du lieutenant-gouverneur du Québec. Sur les terrains du Cricket Field, qui bordent la Grande Allée, on construit l’hôtel du Parlement entre 1877 et 1886. La présence de ce dernier incite la bourgeoisie à s’installer dans de belles demeures sur le flanc sud de la Grande Allée.

Carte de Québec en 1871: l'hôtel du Parlement n'est toujours pas construit et le sud de la Grande Allée appartient aux militaires. Les quelques bâtiments sont de nature militaire. (Extrait de Plan of the city of Quebec for the Quebec & Levis directory, Paul Cousin, 1871, G3454, Q4, 871, C68 CAR, BANQ)

Carte de Québec en 1871: l’hôtel du Parlement n’est toujours pas construit et le sud de la Grande Allée appartient à l’armée (« Ordnance property »). (Extrait de Plan of the city of Quebec for the Quebec & Levis directory, Paul Cousin, 1871, G3454, Q4, 871, C68 CAR, BANQ)

La Grande Allée doit également sa renommée aux efforts d’embellissement qui lui sont consacrés. Inspirée par l’exemple parisien et le mouvement City Beautiful, la Ville de Québec procède à l’élargissement de la voie, à son pavage et à la plantation d’arbres entre 1886 et 1888. Les parterres de l’hôtel du Parlement sont également mis en valeur. Sur la photo de 1916, on aperçoit le réaménagement réalisé par Frederick Gage Todd quelques années auparavant.

Plan de 1898 montrant les résidences construite sur la Grande Allée en face de l'hôtel du Parlement (Insurance plan of the City of Quebec, Canada : [volume I], Charles Edward Goad, 1898, Coll. Plans de villes et villages du Québec, BANQ)

Plan de 1898 montrant les résidences construites sur la Grande Allée en face de l’hôtel du Parlement (Insurance plan of the City of Quebec, Canada : [volume I], Charles Edward Goad, 1898, Coll. Plans de villes et villages du Québec, BANQ)

La Grande Allée dans les années 1880. On distingue la villa Pavilly (1), le Bandon Lodge (2) et le bloc Hamel (3), qui est composé de six résidences en terrasse. (Quartier Saint-Jean-Baptiste – Grande Allée Est – Porte Saint-Louis, Fred C. Würtele . – [Vers 1880], Fonds Fred. C. Würtele, P546,D3,P1, BANQ)

Au début du XXe siècle, alors que la Grande Allée bat au rythme de la vie politique et économique de Québec, le gouvernement provincial amorce une expansion de sa présence physique dans le quartier. Celle-ci s’explique autant en raison du manque d’espace que produit l’accroissement des missions de l’État que du désir de concentrer les différents ministères et d’afficher la modernité de la capitale. Orientée au nord de l’hôtel du Parlement dans les années 1910 et 1920 avec l’ajout des édifices Pamphile-Le May et Honoré-Mercier, cette expansion se dirige vers l’ouest au début de la décennie 1930 par la construction des édifices Jean-Antoine-Panet et André-Laurendeau.

Québec vers 1925: le projet de cité administrative du gouvernement du Québec est en marche. (Ville de Québec . – [vers 1925], Collection initiale, P600,S4,SS3,P565 – 385, BANQ)

Résidences de la Grande Allée attendant leur démolition pour laisser la place aux édifices H et J, réunis plus tard sous le nom d’édifice Jean-Talon (Rue . – [Vers 1970], anonyme, Fonds L’Action catholique, P428,S3,SS1,D39,P9-19, BANQ)

À la même époque, l’État lorgne du côté de la Grande Allée. Progressivement, il acquiert la quasi-totalité de l’îlot résidentiel au sud de l’hôtel du Parlement pour y loger des services gouvernementaux. En 1966, en pleine Révolution tranquille, la totalité de cet îlot devient propriété publique. Les bâtiments sont aussitôt démolis pour faire place aux édifices H et J (édifice Jean-Talon). Conçus pour loger les bureaux du premier ministre et la salle du conseil des ministres, ils sont inaugurés en 1972.  Ils sont l’objet de critiques portant à la fois sur l’architecture extérieure et l’aménagement intérieur. Leur usage et leur apparence lui valent les surnoms peu flatteurs de bunker et calorifère. En 2002, les bureaux du premier ministre sont transférés dans l’édifice Honoré-Mercier, qui les avait logés de 1925 à 1972.

*Le domaine est loué au gouvernement à partir de 1850 mais celui-ci n’en devient propriétaire qu’en 1854.


Documents consultés

Bergeron Gagnon inc. Secteur de la Grande Allée – Caractérisation et évaluation : Expertise en vue de l’attribution éventuelle de mesures particulières de protection, rapport synthèse final. Québec, Ville de Québec, 2011, 133 p.

BLAIS, Christian et al. Québec : quatre siècles d’une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec, 2008, IX-692 p.

BLANCHET, Danielle. Découvrir la Grande Allée. Québec, Musée du Québec, 1984, 177 p.


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