La rue Saint-Louis (vers 1830)

Vue de la rue Saint-Louis en direction des fortifications (La rue Saint-Louis vers la porte Saint-Louis, Québec, James Pattison Cockburn, vers 1830, MIKAN no 2895731, BAC).

Vue de la rue Saint-Louis en direction des fortifications vers 1830 (La rue Saint-Louis vers la porte Saint-Louis, Québec, James Pattison Cockburn, vers 1830, MIKAN no 2895731, BAC).

Vue de la rue Saint-Louis en direction des fortifications (collection de l'auteur, 2014)

Photographie contemporaine de la rue Saint-Louis en direction des fortifications prise à l’intersection de la rue Sainte-Ursule (collection de l’auteur, 2014).


Localisation


Vers 1830, James Pattison Cockburn réalise cette aquarelle représentant la rue Saint-Louis en direction de la porte du même nom. Cette voie, tracée dès le XVIIe siècle, doit son nom au fort construit par Samuel de Champlain en 1620. Deux siècles plus tard, elle est devenue un lieu de résidence recherché : « La rue Saint-Louis, parallèle à la rue Saint-Jean, est beaucoup plus élevée, bien aérée et agréable et c’est de beaucoup la partie la plus belle de la ville; aussi la plupart des principaux membres du gouvernement de la province, et des personnes du premier rang, y résident»[1]. La portion comprise entre la rue Sainte-Ursule (au premier plan) et les fortifications ne fait pas exception si l’on en croit l’œuvre de Cockburn : on aperçoit notamment, à droite, la résidence d’inspiration palladienne de Thomas Aston Coffin, édifiée en 1795-1796.

Plan de Québec de 1815 montrant que la portion occidentale de la rue Saint-Louis est déjà largement occupée au début du XIXe siècle (Détail de City of Quebec. To his Royal Highness's...this topographical map of the province of Lower Canada, Joseph Bouchette, Londres, W. Faden, 1815, G3450,1815,B68 CAR pl, BAnQ

Plan de Québec de 1815 montrant que la portion occidentale de la rue Saint-Louis est déjà largement occupée au début du XIXe siècle (Détail de City of Quebec. To his Royal Highness’s…this topographical map of the province of Lower Canada, Joseph Bouchette, Londres, W. Faden, 1815, G3450,1815,B68 CAR pl, BAnQ

Représentation de la partie intra-muros de la porte Saint-Louis par James Pattison Cockburn en 1829 (St. Louis Gate, James Pattison Cockburn, 19 juin 1829, Collection Peter Winkworth de Canadiana, MIKAN no 2838141, BAC).

Représentation de la partie intra-muros de la porte Saint-Louis par James Pattison Cockburn en 1829 (St. Louis Gate, James Pattison Cockburn, 19 juin 1829, Collection Peter Winkworth de Canadiana, MIKAN no 2838141, BAC).

Si l’occupation résidentielle prédomine sur la rue Saint-Louis au début du XIXe siècle, cette homogénéité tend à disparaitre progressivement. L’aménagement de l’hôtel de ville  de Québec dans la maison Coffin en 1840 se veut le précurseur des transformations qui vont toucher le secteur. Dans les décennies qui suivent, des bureaux de professionnels et des commerces s’établissent sur la rue Saint-Louis. Le cadre bâti tend à se densifier. La configuration actuelle est essentiellement acquise au tournant du XXe siècle.

Vue de la rue Saint-Louis vers 1870 montrant notamment l'hôtel de ville de Québec. Le bâtiment à sa gauche abrite alors la cour du recorder, l'ancêtre de la cour municipale (Quartier Vieux-Québec - Rue Saint-Louis - Hôtel de Ville - Vers 1870 / L. P. Vallée, Portrait and Landscape Photographer, Quebec . - [Vers 1905], Fonds Fred. C. Würtele, P546,D1,P67, BAnQ. Il s'agit d'une reproduction à partir d'une épreuve ancienne).

Vue de la rue Saint-Louis vers 1870 montrant notamment l’hôtel de ville de Québec. Le bâtiment à sa gauche abrite alors la cour du recorder, l’ancêtre de la cour municipale. On distingue également la porte Saint-Louis à l’arrière-plan, quelque temps avant sa démolition (Quartier Vieux-Québec – Rue Saint-Louis – Hôtel de Ville – Vers 1870 / L. P. Vallée, Portrait and Landscape Photographer, Quebec . – [Vers 1905], Fonds Fred. C. Würtele, P546,D1,P67, BAnQ. Il s’agit d’une reproduction à partir d’une épreuve ancienne).

Plan du secteur illustrant la superficie occupée par des bâtiments municipaux en bordure des rues Saint-Louis et Sainte-Ursule en 1879 (Insurance plans of the city of Quebec, Canada, Charles Edward Goad, 1879, Collection initiale, P600,S4,SS1,D65, BAnQ).

Plan du secteur illustrant la superficie occupée par des bâtiments municipaux en bordure des rues Saint-Louis et Sainte-Ursule en 1879 (Insurance plans of the city of Quebec, Canada, Charles Edward Goad, 1879, Collection initiale, P600,S4,SS1,D65, BAnQ).

La maison Coffin est d’ailleurs le théâtre d’un vaste réaménagement à cette époque. À partir des années 1880, des voix s’élèvent pour exiger la construction d’un nouvel hôtel de ville, celui de la rue Saint-Louis étant jugé trop exigu pour les besoins de l’administration municipale. En outre, dans le contexte où le gouvernement dote la capitale d’un édifice législatif et d’un palais de justice prestigieux, le vieux bâtiment apparait ne plus convenir à « […] une ville de l’importance de Québec »[2]. Le nouvel hôtel de ville est finalement construit en 1896 sur le site de l’ancien collège des Jésuites. La maison Coffin et des bâtiments connexes qui logeaient des services municipaux sont vendus deux ans plus tard à un groupe formé notamment du juge Alexandre Chauveau. Celui-ci-édifie entre 1899 et 1900 une enfilade de dix maisons bordant les rues Saint-Louis et Sainte-Ursule.

Vue contemporaine des maisons en rangée Alexandre-Chauveau, construites en 1899-1900. En vertu d'une exigence des autorités municipales, l'acquéreur devait s'engager à ériger des constructions d'une valeur minimale de 35 000$ (collection de l'auteur, 2015).

Vue contemporaine des maisons en rangée Alexandre-Chauveau, construites en 1899-1900 sur le site de l’hôtel de ville de Québec. En vertu d’une exigence des autorités municipales, l’acquéreur devait s’engager à ériger des constructions d’une valeur minimale de 35 000$ (collection de l’auteur, 2015).

La maison Michel-Cureux, construite en 1729, est le seul vestige du Régime français dans le haut de la rue Saint-Louis. Son toit mansardé est ajouté en 1897 (collection de l'auteur, 2015)

La maison Michel-Cureux, construite en 1729, est le seul vestige du Régime français dans le haut de la rue Saint-Louis. Son toit mansardé est ajouté en 1897 (collection de l’auteur, 2015).

La porte Saint-Louis connait également d’importantes modifications à la fin du XIXe siècle. Érigée à cet emplacement sous le Régime français, elle est reconstruite en 1791. Son exiguïté et sa désuétude entrainent sa démolition en 1871. Charmé par le visage pittoresque de Québec, le gouverneur du Canada, lord Dufferin propose quelques années plus tard un plan de sauvegarde des fortifications incluant la construction d’une nouvelle porte Saint-Louis. Celle-ci est érigée en 1878 selon les plans de William Henry Lynn.

Vue de la partie extra-muros de la porte Saint-Louis vers 1870. L'exiguïté de l'accès à la vieille ville a poussé la autorités municipales à démolir la porte en 1871 (Quartier Vieux-Québec - Rue Saint-Louis - Porte Saint-Louis - [vers 1870], Fonds J. E. Livernois Ltée, P560,S2,D2,P300306, BAnQ).

Vue de la partie extra-muros de la porte Saint-Louis vers 1870. L’exiguïté de l’accès à la vieille ville a poussé la autorités municipales à démolir la porte en 1871 (Quartier Vieux-Québec – Rue Saint-Louis – Porte Saint-Louis – [vers 1870], Fonds J. E. Livernois Ltée, P560,S2,D2,P300306, BAnQ).

Vue des travaux de construction de l'actuelle porte Saint-Louis en 1878. On distingue le pavillon des patineurs ou Quebec Skating Ring à l'extérieur des murs (Quartier Vieux-Québec - Rue Saint-Louis - Porte Saint-Louis - Achèvement de la construction - Vue rapprochée intra-muros . - 1878, Collection initiale, P600,S6,D1,P353, BAnQ)

Vue des travaux de construction de l’actuelle porte Saint-Louis en 1878. À l’arrière-plan, on distingue la patinoire aménagée par le Quebec Skating Club l’année précédente. (Quartier Vieux-Québec – Rue Saint-Louis – Porte Saint-Louis – Achèvement de la construction – Vue rapprochée intra-muros . – 1878, Collection initiale, P600,S6,D1,P353, BAnQ)

[1] Joseph Bouchette, Description topographique de la province du Bas-Canada, Londres, W. Faden, 1815, p. 466-467.

[2] Louis Beaudet cité dans Yves TESSIER, dir., L’hôtel de ville de Québec : cent ans d’histoire, Québec, Société historique de Québec, 1986, p. 48.


Documents consultés

Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Ministère de la Culture et des Communications du Québec.

« Saint-Louis ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec.

Groupe de recherches en histoire du Québec inc. Étude d’ensemble : sous-secteur des Ursulines. Québec, Ville de Québec, 2000, 2 vol.

JEAN, François. « Que faire des fortifications? Les débats à Québec durant les années 1870 ». Mémoire de maîtrise, Québec, Université Laval, 2013, 176 p. (Fichier PDF à télécharger)

TESSIER, Yves, dir.  L’hôtel de ville de Québec : cent ans d’histoire. Québec, Société historique de Québec, 1996, 155 p. Coll. « Cahiers d’histoire de la Société historique de Québec », no 36.


Articles reliés

La Grande Allée (1916)

La place d ‘Armes (1826)

La porte Saint-Jean (vers 1850)

Le Château Frontenac (avant 1908)

L’hôtel Saint-Louis (vers 1891)


Pour me joindre:

Courriel: vues.anciennes@gmail.com

Twitter: Histoire de Québec@vues_anciennes

Advertisements

2 réflexions sur “La rue Saint-Louis (vers 1830)

Vous avez des commentaires ou des suggestions?

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s