La place Royale (vers 1900)

Carte postale de la place Royale vers 1900. L''Hôtel Blanchard et le Neptune Inn, dont on aperçoit la publicité murale au loin, poursuivent alors la riche tradition hôtelière dans le secteur de la place Royale. (In Lower Town, Quebec, P.Q., Canada, Nerlich & Co, 19??, BAnQ, Collection numérique, CP 3274 CON)

Carte postale de la place Royale vers 1900. L’Hôtel Blanchard et le Neptune Inn, dont on aperçoit la publicité murale au loin, poursuivent alors la riche tradition hôtelière dans le secteur de la place Royale (In Lower Town, Quebec, P.Q., Canada, Nerlich & Co, 19??, BAnQ, Collection numérique, CP 3274 CON).

La place Royale en 2015. Dans cette photographie qui tourne le dos à l'église Notre-Dame-des-Victoires, l'on distingue les maisons Dumont-Le Picart (1 et 2), et Bruneau-Rageot-Drapeau (3-4-5)

La place Royale en 2015. Dans cette photographie qui tourne le dos à l’église de Notre-Dame-des-Victoires, l’on distingue les maisons Dumont-Le Picart (1 et 2), et Bruneau-Rageot-Drapeau (3-4-5).


Localisation


La place Royale[1] compte presque trois siècles d’histoire à l’époque où elle est représentée sur la carte postale affichée ci-dessus. Elle revendique le titre de berceau de l’Amérique française puisque Samuel de Champlain y a établi son habitation en 1608. Pendant plus de deux siècles, la place bat au rythme des activités maritimes et commerciales de la basse-ville. La création de nouveaux espaces d’échanges (marchés Finlay et Champlain) à proximité entraine toutefois la désaffection de la place Royale par les marchands; une fontaine y est installée en 1895.

Carte postale de la place Royale au début du XXe siècle, soit quelque temps après l'acquisition de la maison Dumont par le propriétaire de l'Hôtel Blanchard (Blanchard Hotel, Quebec, Montreal Import Co, entre 1903 et 1914, BAnQ, Collection numérique, CP 018888 CON)

Carte postale de la place Royale au début du XXe siècle, soit quelque temps après l’acquisition de la maison Dumont par le propriétaire de l’Hôtel Blanchard (Blanchard Hotel, Quebec, Montreal Import Co, entre 1903 et 1914, BAnQ, Collection numérique, CP 018888 CON).

Carte postale représentant l'Hôtel Blanchard dans les premières décennies du XXe siècle (Blanchard Hotel, Quebec, Canada, Valentine-Black Co., Limited, 19--, BAnQ, Collection numérique, CP 3216 CON).

Carte postale représentant l’Hôtel Blanchard dans les premières décennies du XXe siècle (Blanchard Hotel, Quebec, Canada, Valentine-Black Co., Limited, 19–, BAnQ, Collection numérique, CP 3216 CON).

À cette époque, le caractère français du cadre bâti de la place est compromis  par l’introduction de nouveaux matériaux et le changement des volumes. L’Hôtel Blanchard, fondé en 1844 et bien en vue sur la carte postale, connait une évolution caractéristique de ce processus d’altération. Son propriétaire, Joseph Cloutier, acquiert l’actuelle maison Dumont en 1903 puis l’intègre à la maison Le Picart au sein d’un édifice de cinq étages[2], dont les poivrières évoquent le style château. Dans la foulée de l’installation d’un nouveau buste de Louis XIV sur la place en 1931, l’entreprise change son nom pour devenir l’Hôtel Louis XIV. En 1966, un incendie, qui endommage lourdement l’immeuble, met fin aux activités de l’hôtel.

Vue de l'Hôtel Louis XIV quelque temps après l'incendie qui l'a ravagé. Dans les années qui suivront, le gouvernement du Québec s'en portera acquéreur afin de lui restituer son état antérieur (Quartier Vieux-Québec-Basse-Ville - Hôtel Louis XIV - Édifice . - [Vers 1965], BAnQ, Fonds L'Action catholique, P428,S3,SS1,D13,P15-5)

Vue de l’Hôtel Louis XIV quelque temps après l’incendie qui l’a ravagé. Dans les années qui suivront, le gouvernement du Québec s’en portera acquéreur afin de lui restituer son état antérieur (Quartier Vieux-Québec-Basse-Ville – Hôtel Louis XIV – Édifice . – [Vers 1965], BAnQ, Fonds L’Action catholique, P428,S3,SS1,D13,P15-5).

Vue d'ensemble du secteur de la Place-Royale en 1971 alors que les travaux de restauration/reconstruction battent leur plein (Rénovation de la Place Royale, Jules Rochon - 1971-08, BAnQ, Fonds Ministère des Communications, E10,S44,SS1,D71-327, PC2).

Vue d’ensemble du secteur de la Place-Royale en 1971 alors que les travaux de restauration/reconstruction battent leur plein (Rénovation de la Place Royale, Jules Rochon – 1971-08, BAnQ, Fonds Ministère des Communications, E10,S44,SS1,D71-327, PC2).

Le gouvernement du Québec, maitre d’œuvre de restaurations (maisons Chevalier et Fornel) isolées en basse-ville au début des années 1960, est alors sur le point d’adopter un plan global dans le secteur. En 1967, l’Assemblée législative[3] adopte la Loi concernant la Place Royale à Québec, laquelle définit un périmètre d’intervention et attribue au ministre des Affaires culturelles les moyens d’agir[4], notamment par l’acquisition de bâtiments. Les travaux, qui visent à redonner un visage français au secteur, s’amorcent en 1968 puis s’intensifient au début des années 1970 alors qu’une entente fédérale-provinciale octroie un financement additionnel. Cette entreprise de restauration, qui mise sur le potentiel touristique de la basse-ville, se veut plutôt un effort de reconstruction. En 1989, le gouvernement du Québec confie à la Société de développement des entreprises culturelles le mandat de gérer le parc immobilier de la Place-Royale[5]. De nos jours, celui-ci compte une vingtaine d’immeubles. L’animation du site est confiée au Musée de la civilisation.


[1] L’appellation apparait une première fois en 1686 lorsque l’intendant Jean Bochart de Champigny (1645-1720) fait installer un buste du roi Louis XIV sur la place. Ce dernier est toutefois retiré peu après, à la suite de plaintes formulées par les commerçants sur la nature encombrante de l’objet. Sous le Régime français, on désigne principalement l’endroit du nom de place du marché. Au XIXe siècle, elle devient le square ou carré Notre-Dame, en  référence  à l’église qui borde la place. Son toponyme actuel n’apparait qu’en 1937, quelques années après l’installation d’un  nouveau buste de Louis XIV.

[2] La date de construction est incertaine. Bien que l’année 1903 soit plausible, une carte postale représentant l’hôtel avant les travaux est datée d’entre 1903 et 1914. Cependant, on doit repousser l’idée d’une construction ultérieure à 1910 puisque qu’un plan d’assurance-incendie de la ville de Québec réalisé à cette époque note la présence d’un bâtiment de cinq étages.

[3] En 1969, l’Assemblée législative de Québec est renommée Assemblée nationale du Québec.

[4] Le texte de loi précise que le ministre exerce, en vertu de la Loi des monuments historiques, des pouvoirs, « […] sans être tenu de consulter la Commission d’aménagement de Québec et nonobstant toute disposition inconciliable de sa charte ou de la charte de la ville de Québec ». Voir Loi concernant la Place Royale à Québec, 25-4, 1967.

[5] Ce toponyme à caractère administratif réfère au secteur désigné par la loi de 1967.


Documents consultés

« Royale ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec.

CÔTÉ, Renée. Place-Royale : quatre siècles d’histoire. [Québec], Musée de la civilisation, [Montréal], Fides, 2000, 188 p. Coll. « Images de sociétés ».

COUVRETTE, Sébastien. « Place Royale à Québec, l’image d’une ville ». Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française. Québec, d’hier à aujourd’hui.

COUVRETTE, Sébastien. « Place Royale à Québec, l’origine d’une ville ». Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française. Québec, d’hier à aujourd’hui.

FAURE, Isabelle. « La reconstruction de Place-Royale à Québec ». Cahiers de géographie du Québec, vol. 36, no 38 (septembre 1992), p. 321-336. (Fichier PDF à télécharger)

GAUMOND, Michel. La Place Royale : ses maisons, ses habitants. Québec, ministère des Affaires culturelles, 1982, 97 p. Coll. « Civilisation du Québec », 5; série « Place Royale ».

LEBEL, Jean-Marie. Le Vieux-Québec: guide du promeneur. Sillery, Éditions du Septentrion, 1997, 340 p.

LEBEL, Jean-Marie. « Quand le président américain Taft avait sa chambre à Québec », Prestige, vol. 14, no 8 (février 2010), p. 70-71.


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