La prison des femmes (1936)

La prison des femmes en 1936, telle qu'elle apparait depuis le chemin Gomin en 1936 (Sillery - Chemin Gomin - Prison des femmes - 1936, anonyme, BAnQ, Fonds J. E. Livernois Ltée, P560,S2,D2,P165682-1).

La prison des femmes, telle qu’elle apparait depuis le chemin Gomin en 1936 (Sillery – Chemin Gomin – Prison des femmes – 1936, anonyme, BAnQ, Fonds J. E. Livernois Ltée, P560,S2,D2,P165682-1).

Vue contemporaine de l'ancienne prison des femmes (Collection de l'auteur, 2014)

Vue contemporaine de l’ancienne prison des femmes (Collection de l’auteur, 2014)


Localisation


Lorsque le gouvernement provincial autorise la création d’une prison pour femmes à Québec en 1928[1], cela ne constitue pas une nouveauté en soi puisqu’un établissement similaire existe depuis plus de cinquante ans à Montréal. Le nouvel immeuble de Québec est construit de 1929 à 1931 sur un vaste terrain à la limite des frontières de la capitale. Dans ses plans, l’architecte Raoul Chênevert imagine un édifice de style château dont la conception s’inspire du modèle pénitentiaire de Pennsylvanie : cellules individuelles et fenestration importante. Inaugurée en octobre 1931, la prison est initialement nommée Refuge Notre-Dame-de-la-Merci en l’honneur d’un ordre ancien voué aux prisonniers. Les religieuses habitent la partie occidentale du bâtiment. À l’époque de la Révolution tranquille, l’institution est appelée à se laïciser. En 1968, l’établissement est renommé maison Gomin, du nom d’un propriétaire des lieux dans les années 1660[2]. En 1972, l’administration de la prison et la garde des prisonnières sont confiées au ministère québécois de la Justice. Des religieuses demeurent toutefois en fonction jusqu’au transfert des détenues vers le centre d’Orsainville en 1992. Désaffectée par la suite, la maison Gomin ne reprend vie qu’en 2008 lorsqu’une entreprise de services commémoratifs s’y installe.

Celle des détenues à la prison des femmes en 1950 (Cellule des détenues. Prison des femmes. Bois Gomin, Neuville Bazin . - 1950, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P75815).

L’une des cellules de la prison des femmes en 1950 (Cellule des détenues. Prison des femmes. Bois Gomin, Neuville Bazin . – 1950, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P75815).

Vue du terrain de la prison bordant le chemin Gomin en 1949 (Récolte de seigle. Prison des femmes. Québec, Omer Beaudoin - 1949, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P70667).

Vue du terrain de la prison bordant le chemin Gomin en 1949 (Récolte de seigle. Prison des femmes. Québec, Omer Beaudoin – 1949, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P70667).

Vue de la prison en 1949 depuis le chemin Gomin. Le vaste domaine de la prison se prête toujours aux activités agricoles alors que la pression urbaine transforme le paysage dans le secteur (Récolte du seigle. Prison des femmes. Québec, Neuville Bazin . - 1949, BAnQ, Fonds mcc, E6,S7,SS1,P71165).

Vue de la prison en 1949 depuis le chemin Gomin. Le vaste domaine de la prison se prête toujours aux activités agricoles alors que la pression urbaine commence à transformer le paysage dans le secteur (Récolte du seigle. Prison des femmes. Québec, Neuville Bazin . – 1949, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P71165).

Située aux portes de la cité, la prison assiste inexorablement à l’urbanisation de la banlieue ouest de Québec à partir des années 1940. Le percement du boulevard Laurier, entre 1941 et 1949, et le réaménagement des actuels boulevards René-Lévesque et Hochelaga entrainent la quasi-disparition du chemin Gomin. La formation du campus de l’Université Laval dans les années 1950 et 1960, selon les plans d’Édouard Fiset, poursuit cette œuvre de destruction. De nos jours, il ne demeure que quelques tronçons[3] de cette ancienne voie. À la même époque, l’Habitation familiale de Saint-Sacrement, un syndicat coopératif fondé en 1943, organise un projet domiciliaire[4] sur les terres voisines de la prison et du couvent de Notre-Dame-de-Bellevue. L’avenue Painchaud, qui apparait au premier plan sur la photographie actuelle, est créée vers 1949 dans le cadre de ce développement. Un cliché réalisé en 1951 montre que sa portion orientale est alors presqu’entièrement occupée[5]. Plus récemment, deux immeubles à logements ont émergé aux abords de la maison Gomin: on reconnait, à l’arrière-plan sur la photographie actuelle, les résidences Côté Jardins, édifiées en 2007; apparaissent à la même époque les Jardins Gomin, en bordure du boulevard René-Lévesque et du vieux chemin d’accès à la prison.

Plan de 1875 illustrant le parcours tortueux du chemin Gomin (Détail de Atlas of the city and county of Quebec..., Henry Whitmer Hopkins, 1879, BAnQ, Collection initiale, G1144,Q4G475,H6,1879 CAR).

Plan de 1879 illustrant le parcours tortueux du chemin Gomin (Détail de Atlas of the city and county of Quebec…, Henry Whitmer Hopkins, 1879, BAnQ, Collection initiale, G1144,Q4G475,H6,1879 CAR).

Plan des alentours de la prison des femmes en 1941 (Plan de la cité de Québec, Altheod Tremblay et Édouard Hamel, Cité de Québec, Département des travaux publics, 1941, BAnQ, Collection Centre d'archives de Québec, P1000,S5,P11).

Plan des alentours de la prison des femmes réalisé en 1941 (Plan de la cité de Québec, Altheod Tremblay et Édouard Hamel, Cité de Québec, Département des travaux publics, 1941, BAnQ, Collection Centre d’archives de Québec, P1000,S5,P11).

Vue de l'avenue Painchaud en 1949 (Coopérative d'habitation de Saint-Sacrement. Québec, Joseph Guibord - Juillet 1951, BAnQ,Fonds MCCF,E6,S7,SS1,D54086).

Vue de l’avenue Painchaud en 1951. (coup d’oeil en 2015) (Coopérative d’habitation de Saint-Sacrement. Québec, Joseph Guibord – Juillet 1951, BAnQ, Fonds ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, E6,S7,SS1,D54086).

[1] Cette année-là, le gouvernement et les Sœurs du Bon-Pasteur de Québec concluent une entente par laquelle ces dernières acceptent la direction du futur établissement. Par l’adoption du bill 20 (Loi 19 George V, chapitre 10) à l’Assemblée législative l’année suivante, le gouvernement obtient les moyens légaux et financiers d’acquérir le terrain et de construire la prison.

[2] Il s’agit d’Anet (ou Annet) Gomin, médecin et herboriste de son état, propriétaire d’un fief de 1664 à sa mort en 1665 ou 1666.

[3] Une courte portion du chemin Gomin existe toujours sous ce nom sur le territoire de l’ancienne municipalité de Sillery. Dans Sainte-Foy, les rues de Vendée et Julles-Dallaire ainsi qu’un sentier de l’un des boisés de l’Université Laval (fichier PDF à télécharger sur l’historique des boisés) constituent les traces restantes du chemin Gomin.

[4] Il s’agit d’une entreprise visant le développement domiciliaire de l’actuel quartier Saint-Sacrement et de la portion orientale de Sainte-Foy.

[5] Un plan d’assurance-incendie de 1957 montre que le développement domiciliaire est alors complet. Pour plus de détails sur le développement urbain de Sainte-Foy, on peut consulter avec profit la fiche historique préparée le Service de l’aménagement du territoire en 2011, et l’Inventaire du patrimoine bâti des quartiers de Sainte-Foy, Sillery et Saint-Sacrement à Québec : synthèse architecturale et patrimoniale.


Documents consultés

« Gomin chemin ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec

« Hochelaga boulevard ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec

« Laurier boulevard ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec

« Maison Gomin ». Pages d’histoire. Ville de Québec

« Maison Gomin ». Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Ministère de la Culture et des Communcations.

« Painchaud  avenue ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec

« René-Lévesque boulevard ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec

« Une prison pour les femmes sera construire et confiée aux R.R. S.S du Bon Pasteur ». L’Action catholique, vol. 21, no 6735 (20 décembre 1928), p. 10. Via la collection numérique de BAnQ.

« Vendée rue de la ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec

Division de l’aménagement du territoire/Centre de développement économique et urbain. Plan directeur [du] quartier Saint-Sacrement, constats et orientations: [partie 1 (introduction, historique et portrait général du quartier]. [Québec], Ville de Québec, 2011, 34 p. (Fichier PDF à télécharger)

GIROUX, Lise et Sylvie FRIGON. Profil correctionnel 2007-2008 : Les femmes confiées aux Services correctionnels. Québec, Services correctionnels, ministère de la Sécurité publique du Québec, 2011, 99 p. (Fichier PDF à télécharger)

Patri-Arch. Inventaire du patrimoine bâti des quartiers de Sainte-Foy, Sillery et Saint-Sacrement à Québec : synthèse architecturale et patrimoniale. [Québec], Ville de Québec, 2012, 245 p. (Fichier PDF à télécharger)

RENIER, Marie et Valérie VACHON-BELLAVANCE. Les Sœurs du Bon-Pasteur de Québec et la prison des femmes. Le patrimoine immatériel religieux du Québec.

Service de l’aménagement du territoire. Portrait du territoire : le Plateau centre de Sainte-Foy : fiches thématiques. [Québec], Ville de Québec, 2011, pagination multiple. (Fichier PDF à télécharger)


Articles reliés

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