La Girls’ High School (1901)

 

Vue rapprochée de la Girls' High School de Québec en 1901. On distingue le parterre de l'hôtel du Parlement au premier plan. (Quartier Saint-Jean-Baptiste - Rue Saint-Augustin - Girl's High School, Fred C. Würtele, 1901, BAnQ, Fonds Fred C. Würtele, P546,D3,P17)

Vue rapprochée de la Girls’ High School de Québec en 1901. On distingue le parterre de l’hôtel du Parlement au premier plan. (Quartier Saint-Jean-Baptiste – Rue Saint-Augustin – Girl’s High School, Fred C. Würtele, 1901, BAnQ, Fonds Fred C. Würtele, P546,D3,P17)

Vue du même site de nos jours. On remarque le parc de la Francophonie, à gauche et la rue Saint-Amable au centre. (Collection de l'auteur, 2014)

Vue passablement remaniée du même site de nos jours. On remarque le parc de la Francophonie, à gauche et la rue Saint-Amable au centre. (Collection de l’auteur, 2014)


Localisation


Conjuguant ses intérêts pour la photographie[1] et l’éducation[2], Frederick Christian Würtele (1842-1920) réalise en 1901 ce cliché de la Girls’ High School de Québec, une école secondaire publique pour filles de confession protestante. Après avoir séjourné pendant quatre années dans un bâtiment érigé à proximité du Morrin College, l’institution occupe à partir de 1878[3] un site voisin de l’hôtel du Parlement sur la rue Saint-Augustin (des Parlementaires).

Malgré le déclin relatif de la communauté anglophone de Québec depuis les années 1860[4], la commission scolaire, le Protestant Board of School Commissioners, entreprend l’agrandissement de l’école en 1914 selon les plans des architectes Harry et Edward Black Staveley. Située à l’arrière, la nouvelle aile de trois étages borde la rue Conroy (Louis-Alexandre-Taschereau). Si ces travaux semblent destinés à accueillir un contingent plus important d’élèves féminins, ils annoncent en fait la transformation de la Girl’s High School en une maison d’enseignement mixte, ce qui se concrétise en 1918.

Construit en 1829 pour abriter l'école de la communauté presbytérienne, ce bâtiment loge temporairement la Girls' High School à ses débuts en 1874. À l'époque où cette photo est réalisée (1946), il est devenu une salle paroissiale. (Kirk Hall à Québec, Neuville Bazin . - 1946, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P30833)

Construit en 1829 pour abriter l’école de la communauté presbytérienne, ce bâtiment loge temporairement la Girls’ High School à ses débuts en 1874. À l’époque où cette photo est réalisée (1946), il est devenu une salle paroissiale. (Kirk Hall à Québec, Neuville Bazin . – 1946, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P30833)

Détail du plan d'agrandissement de la Girls' High School réalisé en 1914 par Harry Staveley et son fils Edward Black. (Protestant Board of School Commissioners Quebec - Additons etc to Girl's High School, Staveley & Staveley, 18 mars 1914, BAnQ, Fonds Famille Staveley, P541,D389F)

Détail du plan d’agrandissement de la Girls’ High School réalisé en 1914 par Harry Staveley et son fils Edward Black. (Protestant Board of School Commissioners Quebec – Additons etc to Girl’s High School, Staveley & Staveley, 18 mars 1914, BAnQ, Fonds Famille Staveley, P541,D389F)

 

Renommée Commissioners’ High School[5], celle-ci poursuit son expansion à la même époque en se portant acquéreur d’une résidence attenante. Selon l’annuaire Marcotte de Québec de 1919, on y emménage le bureau du secrétaire-trésorier de la commission scolaire, un certain Frederick Christian Würtele.

En 1939, le Protestant Board of School Commissioners de Québec prend possession d’un terrain situé à l’angle de l’avenue Belvédère et du boulevard Saint-Cyrille (René-Lévesque Ouest) en vue d’y transférer les élèves de la Commissioners’ High School. Inaugurée en 1941, la nouvelle maison d’enseignement accueille en outre les effectifs de la High School of Quebec, une école privée pour garçons. Cette fusion entraine le changement de nom de l’institution, qui devient la Quebec High School.

Plan architectural de la Quebec High School inaugurée en 1941 dans le quartier Montcalm. (Quebec High School, Neuville Bazin . - 1946, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P30725)

Plan architectural de la Quebec High School, inaugurée en 1941 dans le quartier Montcalm. (Quebec High School, Neuville Bazin . – 1946, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P30725)

En fait, voilà plus de dix ans que la commission scolaire anticipait ce déménagement. Dès 1928, le gouvernement provincial tente d’acquérir en tout ou en partie la Commissioners’ High School. Au moment de l’achat de l’école, en 194o, l’avenir des bâtiments est incertain puisqu’un projet d’expansion de la cité parlementaire, en partie complété, prévoit leur destruction[6]. Finalement, on décide de les adapter pour les besoins de l’administration publique[7]. Désigné initialement comme étant les « bâtisses sur le site de l’Édifice F » [8], l’ensemble devient l’édifice F à la fin des années 1950.

Vue latérale et arrière de l'ancienne Commissioners’ High School en 1949 alors qu'elle abrite des services gouvernementaux. L'édifice E, construit entre 1934 et 1937, émerge à l'arrière-plan. (Rue Conroy, montrant le Ministère des Mines, Omer Beaudoin - 1949, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P68687)

Vue latérale et arrière de l’ancienne Commissioners’ High School en 1949 alors qu’elle abrite des services gouvernementaux. L’édifice E, construit entre 1934 et 1936, émerge à l’arrière-plan. (Rue Conroy, montrant le Ministère des Mines, Omer Beaudoin – 1949, BAnQ, Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P68687)

Vue de la colline Parlementaire en 1962. L'ancienne résidence acquise vers 1918 par l'école est alors le site d'un stationnement (Vue aérienne des édifices gouvernementaux dans le quartier Saint-Jean-Baptise à Québec, Neuville Bazin - 1962, BAnQ,Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P02390-62)

Vue de la colline Parlementaire en 1962. L’ancienne résidence acquise vers 1918 par l’école est alors le site d’un stationnement (Vue aérienne des édifices gouvernementaux dans le quartier Saint-Jean-Baptise à Québec, Neuville Bazin – 1962, BAnQ,Fonds ministère de la Culture et des Communications, E6,S7,SS1,P02390-62)

Vers 1970, l’aménagement d’un tunnel entre l’hôtel du Parlement et les édifices E (André-Laurendeau) et G (Marie-Guyart) nécessite la destruction de l’ancienne école. Deux ans plus tard, le site est partiellement intégré à la rue Saint-Amable, dont le tracé est vraisemblablement modifié pour permettre la création prochaine d’un parc[9]. Mieux connu sous le nom de Pigeonnier, cet espace imaginé par l’architecte paysagiste John Schreiber voit le jour en 1974. Il devient le parc de la Francophonie en 1995.

Vue aérienne de la colline Parlementaire en 1972. Cette photographie illustre le nouveau tracé de la rue Saint-Amable. Il semble également qu'une enfilade d'automobiles suit l'ancien parcours de cette rue. On aperçoit également les anciens tracés des rues d'Artigny (à gauche), Conroy (au centre) et Saint-Augustin (à droite). (Vues aériennes de Québec et des alentours immédiats ; complexe G et centre ville, Jules Rochon. - 1972-05, BAnQ, Fonds Min des Comm, E10,S44,SS1,D72-109,PC2)

Vue aérienne de la colline Parlementaire en 1972. L’ancienne école a cédé la place au nouveau tracé de la rue Saint-Amable. Une enfilade d’automobiles semble s’échelonner le long de l’ancien parcours de cette rue. On aperçoit également les anciens tracés des rues d’Artigny (à gauche), Conroy (au centre) et Saint-Augustin (à droite). (Vues aériennes de Québec et des alentours immédiats ; complexe G et centre ville, Jules Rochon. – 1972-05, BAnQ, Fonds Min des Comm, E10,S44,SS1,D72-109,PC2)

Vue de la colline Parlementaire vraisemblablement à la fin des années 1970 ou au début des années 1980. La configuration actuelle de la trame est adoptée. (Québec, Antoine Desilets - 1960-1970, BAnQ, Fonds Antoine Desilets, P697,S1,SS1,SSS8,D18_142)

Vue de la colline Parlementaire vraisemblablement à la fin des années 1970 ou au début des années 1980. La configuration actuelle de la trame est adoptée. (Québec, Antoine Desilets – 1960-1970, BAnQ, Fonds Antoine Desilets, P697,S1,SS1,SSS8,D18_142)

Notes

[1] Le Fonds Fred C. Würtele conservé à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (P546) contient près de 600 œuvres produites par le photographe amateur entre 1886 et 1910. Elles représentent surtout des lieux de Québec et de sa région immédiate. Voir Fernand Caron, Fred C. Würtele, photographe, Québec, ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1977, p. 160.

[2] Würtele œuvre en tant que secrétaire-trésorier de la High School of Quebec à partir de 1892 puis de la Protestant Board of School Commissioners of Quebec quelques années plus tard. Il demeure à ce poste jusqu’à sa mort en 1920. Voir Fernand Caron, op. cit., p. 12.

[3] Le terrain est acquis par la commission scolaire en 1873 et les plans du bâtiment sont complétés deux ans plus tard. L’école doit initialement accueillir une clientèle mixte, mais on décide finalement d’en faire une maison d’enseignement pour filles.

[4] Le groupe d’origine britannique (anglaise, écossaise et galloise) représente près de 10% de la population de Québec en 1871. Cette proportion tombe à 7,1% en 1901 et à 3,9% en 1941. La communauté irlandaise, principalement catholique, s’effrite encore plus : 21,7% en 1871; 8,7% en 1901; 3% en 1941. Voir Marc Vallières, « Développement urbain et société à Québec », Histoire de Québec et de sa région, tome II : 1792-1939, Québec, Presses de l’Université Laval, 2008, p. 1385.

[5] Malgré son nom, des cours du niveau primaire y sont également dispensés.

[6] L’ensemble devait comporter trois édifices. Deux d’entre eux ont été construits entre 1930 et 1937. Le troisième immeuble devait être situé sur l’emplacement de l’école.

[7] L’école loge le Service des Impressions, les bureaux de la perception de la taxe de Vente, des réserves et une salle de projection cinématographique. La résidence acquise par l’école vers 1918 abrite quant à elle les bureaux du Service de cinématographie.

[8] Un système d’identification alphabétique des édifices parlementaires et gouvernementaux sur la colline Parlementaire est mis en place en 1937. La lettre A désigne l’hôtel du Parlement, la « bâtisse de la bibliothèque » devient l’’édifice B, l’aile nord devient l’édifice C, l’édifice de l’Agriculture devient l’édifice D et l’édifice de la Voirie devient l’édifice E. La lettre F devait désigner un édifice n’ayant jamais été construit.

[9] On pourrait également croire que le nouveau tracé de la rue Saint-Amable résulte en fait des travaux d’aménagement d’un boulevard urbain, tel que proposé par Vandry et Jobin dans le volume II du Plan de circulation et de transport, région métropolitaine de Québec. Selon les ingénieurs, la reconfiguration de la rue Saint-Amable nécessite la rectification de son tracé et son prolongement jusqu’à l’avenue des Érables. Voir Vandry & Jobin – De Leuw, Cather & Assoc., Plan de circulation et de transport, région métropolitaine de Québec, volume II: Le plan. 1968, Québec, [s.n.], 1968, p. 69.


Documents consultés

« Édifice F ». Encyclopédie du parlementarisme québécois. Assemblée nationale du Québec, 2015.

« Le parc de la Francophonie ». Réalisations. Commission de la capitale nationale du Québec, 2009.

CARON, Fernand. Fred C. Würtele, photographe. Québec, ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1977, 276 p.

DONOVAN, Patrick. « Commissioners’ High School (École secondaire des commissaires) ». À la Carte, les communautés de langue anglaise de Québec. Morrin Centre, s.d.

DONOVAN, Patrick. « Girls’ High School (École secondaire pour filles) ». À la Carte, les communautés de langue anglaise de Québec. Morrin Centre, s.d.

DONOVAN, Patrick. «High School of Quebec (École secondaire de Québec)». À la Carte, les communautés de langue anglaise de Québec. Morrin Centre, s.d.

DONOVAN, Patrick. « Prisonniers, penseurs et élèves : Kirk Hall ». Morrin Centre, 2015.

DONOVAN, Patrick. « Quebec High School (École secondaire Q.H.S.) ». À la Carte, les communautés de langue anglaise de Québec. Morrin Centre, s.d.

PATRI-ARCH. Patrimoine du quartier Saint-Jean-Baptiste, partie sud : histoire de la forme urbaine. Québec, Ville de Québec/Centre de développement économique et urbain/Design et patrimoine, 1997, VI-198 p.

ROBERGE, Nicolas. « Le réseau démesuré d’autoroutes inachevées de Québec ». Québec Urbain. Ixmédia, 2010.

WILLIAMS, Ron. « Parc de la Francophonie : The Pigeonnier and the Hockey Puck ». Landscapes/Paysages, vol. 16, no 1, p. 18-19. (Fichier PDF à télécharger)


Articles reliés

Le pont Dorchester et les faubourgs de Québec (fin XIXe siècle)

La Grande Allée (1916)

La colline Parlementaire (1971)


Pour me joindre:

Courriel: vues.anciennes@gmail.com

Twitter: Histoire de Québec@vues_anciennesÉco

Advertisements

Une réflexion sur “La Girls’ High School (1901)

Vous avez des commentaires ou des suggestions?

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s