L’ancien palais épiscopal (1761)

Vue de l'évêché et des ruines de la ville...,Richard Short, 1761, BAC, Collection Richard Short, MIKAN no 2837621

Vue du palais épiscopal de Québec en 1759 par Richard Short à la suite du siège de la ville par l’armée britannique. Si les proportions et les détails du bâtiment sont plutôt justes, le tracé et l’emplacement de la côte de la Montagne sont erronés. Ce défaut serait vraisemblablement attribuable au graveur londonien qui a publié le dessin de Short en 1761. ( Vue de l’évêché avec les ruines telles qu’elles apparaissent en descendant la côte de la haute à la basse-ville, Richard Short, 1761, BAC, Collection Richard Short, MIKAN no 2837621)

Vue actuelle du parc Montmorency, le site de l'ancien palais épiscopal. (Collection de l'auteur, 2016)

Vue actuelle du parc Montmorency, le site de l’ancien palais épiscopal. On aperçoit la côte de la Montagne en contrebas de l’escalier Charles-Baillairgé. (Collection de l’auteur, 2016)


 

 


Centre du pouvoir politique en Nouvelle-France depuis sa fondation, la ville de Québec devient également en 1674 le siège du premier diocèse catholique au nord du Mexique[1]. Si son premier titulaire, François de Laval, se contente de résider au Séminaire de Québec, son successeur, Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier obtient du roi en 1688 les fonds nécessaire à la construction d’un palais épiscopal. Ce dernier est érigé entre 1693 et 1695 sur des terrains bordant la côte de la Montagne dont le premier cimetière de la ville[2].

Faute de moyens, on ne construit que l’une des deux ailes devant flanquer le corps central dans lequel se trouve la chapelle. Selon Claude-Michel Le Roy de la Potherie, fonctionnaire colonial de passage en Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle, « […] il y aurait peu de palais épiscopaux en France qui pussent […] égaler en beauté [celui de Québec] s’il était fini »[3]. Hélas, l’aile manquante ne sera jamais construite.

Plan de Québec réalisé en 1685. On y aperçoit la résidence (8) et les jardins (8) du major de Québec, François Provost, ainsi que le cimetière de la ville. À cet emplacement s'élèvera le palais épiscopal entre 1693 et 1695. (Plan de la ville et chasteau de Québec, fait en 1685, mezurée exactement, par le Sr de Villeneuve Robert de Villeneuve, 1685, Archives nationales d’outre-mer, Dépôt des F, FR CAOM 03DFC3)

Plan de Québec réalisé en 1685. On y aperçoit la résidence (8) et les jardins (17) du major de Québec, François Provost, ainsi que le cimetière de la ville. À cet emplacement s’élèvera le palais épiscopal entre 1693 et 1695. (Plan de la ville et chasteau de Québec, fait en 1685, mezurée exactement, par le Sr de Villeneuve Robert de Villeneuve, 1685, ANOM, Dépôt des fortifications des colonies, FR CAOM 03DFC3)

Plan de Québec réalisé en 1730. Le site a été remanié par la construction du palais épiscopal (lettre E). À l'intérieur de l'immeuble, on aperçoit également l'emplacement de la batterie du clergé, représentée par les lettres EE. (Plan de la ville de Quebec, capitale de la Nouvelle France, Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, 30 septembre 1730, ANOM, Dépôt des Fortifications des Colonies, FR CAOM 03DFC410B)

Plan de Québec réalisé en 1730. En comparaison avec le plan précédent, le site a été remanié par la construction du palais épiscopal (lettre E). À l’arrière de l’immeuble, les lettres EE identifient l’emplacement de la batterie du clergé, On remarque également le château Saint-Louis (A), la cathédrale Notre-Dame-de-Québec (D) et le Séminaire de Québec (F). (Plan de la ville de Quebec, capitale de la Nouvelle France, Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, 30 septembre 1730, ANOM, Dépôt des Fortifications des Colonies, FR CAOM 03DFC410B)

Plan du palais épiscopal en 1743 par Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry. Ce dessin permet de juger de la représentation du palais par Richard Short. (Elévation et Profil par la ligne AB. du Palais Episcopal. 4e feuille, Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, 15 octobre 1743, ANOM, Collection Moreau de Saint Méry, FR CAOM F3,290,100)

Plan du palais épiscopal en 1743 par Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry. Ce dessin architectural permet de juger de la qualité de la représentation du palais par Richard Short. (Elévation et Profil par la ligne AB. du Palais Episcopal. 4e feuille, Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, 15 octobre 1743, ANOM, Collection Moreau de Saint Méry, FR CAOM F3,290,100)

À l’été 1759, le palais épiscopal est lourdement endommagé lors du siège de la ville par l’armée britannique. D’onéreux travaux de réparation effectués entre 1766 et 1775 poussent l’évêque de Québec à louer le bâtiment au gouvernement colonial en échange d’une rente[4]. Dans la foulée de l’adoption de l’Acte constitutionnel en 1791, la nouvelle Chambre d’assemblée du Bas-Canada s’installe dans la chapelle de l’ancien palais épiscopal.

Représentation du palais épiscopal vers 1829, alors qu'il loge notamment la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. (Parliament House, James Smilie, tiré de The picture of Quebec, George Bourne, 1829, via BAnQ)

Représentation du palais épiscopal vers 1829, alors qu’il loge notamment la Chambre d’assemblée du Bas-Canada. (Parliament House, James Smilie, tiré de The picture of Quebec, George Bourne, 1829, via BAnQ)

Cette célèbre toile du peintre Charles Huot, qui trône dans le salon bleu de l'Assemblée nationale, représente assez justement le décor intérieur de l'ancien palais épiscopal. L'oeuvre représente le débat sur les langues en janvier 1793. (Débat sur les langues, Charles Huot, 1910-1913, tiré de Christine Eddie, La langue française au Québec:400 ans: quelques repères, Québec : Secrétariat à la politique linguistique : Conseil supérieur de la langue française, 2008, p. 10)

Cette célèbre toile du peintre Charles Huot, qui trône dans le salon bleu de l’Assemblée nationale, représente assez justement le décor intérieur de l’ancien palais épiscopal. On devrait voir les jardins du palais épiscopal par les fenêtres et non le château Saint-Louis. La présence de ce bâtiment relève plutôt du symbole. L’oeuvre représente le débat sur les langues en janvier 1793. (Débat sur les langues, Charles Huot, 1910-1913, tiré de Christine Eddie, La langue française au Québec:400 ans: quelques repères, Québec : Secrétariat à la politique linguistique : Conseil supérieur de la langue française, 2008, p. 10)

On constate toutefois que l’édifice centenaire se détériore et ne convient plus aux besoins de l’assemblée et du conseil législatif[5]. Au début du XIXe siècle, on envisage de le remplacer, mais le projet ne prend forme qu’en 1830 alors que l’évêque de Québec cède définitivement l’immeuble et ses dépendances au gouvernement du Bas-Canada. L’architecte Thomas Baillairgé livre les plans d’un édifice comportant deux ailes adossées à un corps central qui doit accueillir la Chambre d’assemblée. En raison des coûts élevés de construction, de la suspension de la constitution en 1837[6] et de l’itinérance de la capitale sous l’Union[7], le nouvel hôtel du Parlement s’élève  entre 1831 et 1852[8]. Ce remarquable immeuble[9] de style néoclassique disparait malheureusement lors d’un incendie en 1854.

Vue arrière de l'hôtel du Parlement en 1842. On y aperçoit l'ancien palais épiscopal adossé au nouvel édifice construit entre 1831 et 1834. La présence de canons témoigne également de l'importance militaire du site. (Chambre d'assemblée, façade nord, Québec, Millicent Mary Chaplin, 1842, BAC, Fonds Millicent Mary Chaplin, MIKAN no 2895144)

Vue arrière de l’hôtel du Parlement en 1842. On y aperçoit l’ancien palais épiscopal adossé au nouvel édifice construit entre 1831 et 1834. La présence de canons témoigne également de l’importance militaire du site. (Chambre d’assemblée, façade nord, Québec, Millicent Mary Chaplin, 1842, BAC, Fonds Millicent Mary Chaplin, MIKAN no 2895144)

Représentation de l'édifice du Parlement de la province du Canada à la suite de la construction de la seconde aile entre 1850 et 1852 selon les plans de Thomas Baillairgé. (Parliament buildings, Quebec, James Duncan, Sarony & Major, 1850, BAnQ, Collection numérique, ID 139)

Représentation de l’édifice du Parlement de la province du Canada à la suite de la construction de la seconde aile entre 1850 et 1852 selon les plans de Thomas Baillairgé.
(Parliament buildings, Quebec, James Duncan, Sarony & Major, 1850, BAnQ, Collection numérique, ID 139)

Gravure représentant l'incendie de l'hôtel du Parlement en 1854. Fait intéressant, cette oeuvre illustre l'action salvatrice des étudiants du Séminaire, qui ont préservé une partie de la bibliothèque parlementaire en évacuant les livres par les fenêtres. (Incendie du palais législatif à Québec, L'Illustration, journal universel, vol. XXIII, no 574 (25 février 1854), p. 1, via Hathi Trust Digital Library)

Gravure représentant l’incendie de l’hôtel du Parlement en 1854. Fait intéressant, cette oeuvre illustre l’action salvatrice des étudiants du Séminaire, qui ont préservé une partie de la bibliothèque parlementaire en évacuant les livres par les fenêtres.  (Incendie du palais législatif à Québec, L’Illustration, journal universel, vol. XXIII, no 574 (25 février 1854), p. 1, via Hathi Trust Digital Library)

Cinq ans plus tard, Québec devient à nouveau la capitale de la province du Canada. Sans lieu pour se réunir, le corps politique canadien fait bâtir la même année un nouvel hôtel du Parlement[10]. Devant être recyclé en bureau de poste lors du déménagement prévu[11] de la capitale vers Ottawa, le bâtiment accueille plutôt à partir de 1867 les représentants de la nouvelle province de Québec. Ceux-ci y demeurent jusqu’en 1883, date à laquelle un incendie les oblige à s’installer dans l’actuel hôtel du Parlement alors en construction.

Vue de l'hôtel du Parlement construit en 1859-1860. (Quartier Vieux-Québec - Côte de la Montagne - Parc Montmorency - Parlement de Québec / Ellisson & Co., Quebec . - [Vers 1870], BAnQ, Collection initiale, P1000,S4,D66,P24)

Vue de l’hôtel du Parlement construit en 1859-1860. (Quartier Vieux-Québec – Côte de la Montagne – Parc Montmorency – Parlement de Québec / Ellisson & Co., Quebec . – [Vers 1870], BAnQ, Collection initiale, P1000,S4,D66,P24)

Plan de Québec de 1879 permettant de saisir l'évolution du lieu depuis le régime anglais. On y voit l'hôtel du Parlement construit en 1859-1860 mais également l'actuel palais archiépiscopal construit en 1844-1845 ("Archbishop palace"). (Atlas of the city and county of Quebec from actual surveys, based upon the cadastral plans deposited in the office of the Department of Crown Lands, Henry Whitmer Hopkins, 1879, BAnQ, Coll. Plans de villes et villages du Québec, G 1144, Q4G475, H6, 1879 CAR

Plan de Québec de 1879 permettant de saisir l’évolution du lieu depuis le Régime français. On y voit certes l’hôtel du Parlement construit en 1859-1860 mais également l’actuel palais archiépiscopal construit en 1844-1845 (« Archbishop palace ») ( Atlas of the city and county of Quebec from actual surveys, based upon the cadastral plans deposited in the office of the Department of Crown Lands, Henry Whitmer Hopkins, 1879, BAnQ, Coll. Plans de villes et villages du Québec, G 1144, Q4G475, H6, 1879 CAR

Associé à l’exercice du pouvoir religieux et politique pendant près de deux siècles, le site est offert à la population de Québec en 1893 sous la forme d’un parc public nommé en hommage au gouverneur Frontenac. En 1908, on change son nom pour honorer notamment Henri II de Montmorency, qui avait concédé une partie du terrain à Louis Hébert en 1623 à titre de vice-roi de la Nouvelle-France[12]. Plus qu’une aire de repos, le parc Montmorency est également un lieu de mémoire. En effet, à partir des années 1920, plusieurs manifestations commémoratives animent le site et témoignent de son riche passé; ainsi voit-on plusieurs monuments[13] et plaques y être installés. En outre, une enfilade de canons rappelle les anciennes batteries établies pendant les régimes français et anglais. C’est donc sans surprise si, en 1949, le gouvernement fédéral le désigne lieu historique national du Canada.

Vue du parc Frontenac (Montmorency) en 1898. (Quartier Vieux-Québec - Côte de la Montagne - Parc Montmorency, Fred C. Würtele . - 1898, BAnQ,Fonds Fred C. Würtele,P546,D1,P27)

Vue du parc Frontenac (Montmorency) en 1898. (Quartier Vieux-Québec – Côte de la Montagne – Parc Montmorency, Fred C. Würtele . – 1898, BAnQ,Fonds Fred C. Würtele,P546,D1,P27)

Photographie du dévoilement du monument de sir George-Étienne Cartier dans le parc Montmorency en 1920. (Quartier Vieux-Québec - Côte de la Montagne - Parc Montmorency - Dévoilement du monument Cartier - Vue éloignée de la foule autour du monument / Edwards . - 6 septembre 1920, BAnQ, Coll. initiale, P600,S6,D1,P287)

Photographie du dévoilement du monument de sir George-Étienne Cartier dans le parc Montmorency en 1920. (Quartier Vieux-Québec – Côte de la Montagne – Parc Montmorency – Dévoilement du monument Cartier – Vue éloignée de la foule autour du monument / Edwards . – 6 septembre 1920, BAnQ, Coll. initiale, P600,S6,D1,P287)

Notes

[1] En 1657, le roi Louis XIV fait parvenir une supplique au pape Alexandre VII demandant que soit confirmée la nomination de François de Laval à titre d’évêque en Nouvelle-France. Les autorités pontificales proposent plutôt la nomination d’un vicaire apostolique ce qui peut se faire, « […] à moindres frais et en peu de temps ». La proposition étant acceptée par le gouvernement royal, le pape signe en 1658 la bulle nommant François de Laval à titre de vicaire apostolique en Nouvelle-France. Voir Lucien Campeau, L’Évêché de Québec (1674) : aux origines du premier diocèse érigé en Amérique française, Québec, Société historique de Québec, 1974, p. 64-66; André Vachon, « Laval, François de », Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval/University of Toronto, sans date.

[2] En 1688, un premier lot est acheté de François Provost, major de Québec et de la garnison du château Saint-Louis. En attendant la construction du palais épiscopal, Mgr de Saint-Vallier réside dans la demeure habitée auparavant par Provost. À la même époque, l’évêque de Québec acquiert le lot sur lequel avait été établi le premier cimetière de Québec.

[3] Voir Claude-Michel Le roy de la Potherie, Histoire de l’Amérique septentrionale, tome premier, [Paris], Jean-Luc Nion et François Didot, 1722, p. 233-234, via archive.org.

[4] À la fin des années 1780, Nicolas-Gaspard Boisseau, futur notaire, note que « […] l’évêque (qui fait à présent sa résidence au Séminaire) [a] été obligé de […] louer [le palais épiscopal] au gouvernement pour augmenter ses revenus qui sont très médiocres, quoique ce soit le plus grand diocèse du monde. Tous les curés de la campagne qui avaient des affaires à la ville trouvaient leur chambre dans ce palais, mais à présent ils vont tous au séminaire et mangent ordinairement avec l’évêque ». Voir Nicolas-Gaspard Boisseau, Mémoires de Nicolas-Gaspard Boisseau, Lévis, s.n., 1907, 86 p. Notons que c’est à cette époque qu’apparait l’actuelle rue Port-Dauphin en bordure des jardins du palais épiscopal. Cette voie est alors nommée rue Prince en l’honneur du prince de Galles, le futur George IV.

[5] L’arpenteur Joseph Bouchette note en 1815 que l’ancien palais épiscopal se trouve « […] dans un état de dépérissement qui menace d’une ruine prochaine » et que « quelques-uns des murs sont mauvais même jusque dans les fondations ». Voir Joseph Bouchette, Description topographique de la province du Bas-Canada : avec des remarques sur le Haut Canada et sur les relations des deux provinces avec les États Unis de l’Amérique, Londres, W. Faden, 1815, p. 461-463; dans ces pages, Bouchette traite notamment de la répartition spatiale des institutions gouvernementales et parlementaires à l’intérieur de l’ancien palais épiscopal.

[6] Lors de l’insurrection en 1837, la constitution adoptée en 1791 est suspendue, mettant fin aux travaux des parlementaires. Ceux-ci ne reprennent leurs fonctions qu’en 1841 à la suite de l’adoption de l’Acte d’Union.

[7]L’Acte d’Union de 1840 réunit les provinces du Bas et du Haut-Canada. La capitale de la nouvelle province du Canada s’installe à Kingston (1841-1843), à Montréal (1844-1849) puis en alternance à Toronto et à Québec jusqu’en 1866. La ville d’Ottawa devient alors la capitale.

[8] L’aile nord-est, située dans les anciens jardins du palais épiscopal, s’élève de 1831 à 1833. Le corps central, dont la construction nécessite la démolition de l’ancienne chapelle, est inauguré en 1834. En prévision de l’installation de la capitale à Québec en 1852, l’ancien palais épiscopal fait place à une nouvelle aile conformément aux plans de Thomas Baillairgé. L’actuel palais épiscopal sera construit non loin  en 1844-1845.

[9] Dans ses mémoires, l’écrivain et journaliste Louis Fréchette y fait référence en termes élogieux : « Je ne connaissais encore Québec que de loin. Je me perdais parfois en contemplation devant sa pittoresque silhouette, son rocher escarpé, sa massive citadelle, ses remparts, ses bastions, ses tours, ses clochers, ses campaniles. Mais ce qui me charmait surtout, c’était le dôme de l’ancien Parlement, ce dôme admirablement proportionné, et se dressant crânement au front de la ville guerrière comme une gracieuse cocarde au casque d’un chevalier. Ce dôme est disparu. Il s’est abîmé un jour d’hiver parmi les décombres du palais législatif incendié en 1853 [sic], on ne sut jamais par quel hasard ; et ce jour-là Québec perdit, probablement pour toujours, un de ses traits les plus charmants, une des beautés les plus artistiques qui aient jamais caractérisé son incomparable aspect. Le Château Frontenac est merveilleux ; mais ce dôme,… L’édifice était d’architecture néo-grecque, à trois pavillons Louis XIII, avec fronton, colonnade et tympan sculpté, surmonté du dôme en question, dont le galbe rappelait vaguement celui du Panthéon ou des Invalides – toutes proportions gardées, bien entendu. Il s’élevait sur cette pointe de roc, changée aujourd’hui en terrasse, qui s’avance entre la côte de la Montagne, le jardin de l’évêché et la Grande-Batterie, en dominant la rue du Saut-au-Matelot. Le terrain était rétréci, c’est vrai, mais la situation la plus imposante qu’on puisse imaginer. De notre côté du fleuve, tout le long de la route qui nous conduisait à l’église, le coup d’œil était sans rival au monde. À cette époque, les toits des maisons, les flèches des églises et autres points culminants de la ville étaient tous recouverts en fer blanc; jugez de l’aspect fabuleux que revêtait, au soleil levant ou au soleil couchant, ce rutilant amphithéâtre au front duquel trônait, doré comme une tiare de pontife, le dôme – ce dôme dont je rêvais, et qui avait pour mon enfance le mystérieux attrait des choses inaccessibles. Ce dôme, c’était le Parlement, c’était la Chambre, où s’étaient passés et se passaient encore tant d’événements dont l’écho bourdonnait à mes oreilles depuis que celles-ci s’étaient ouvertes aux bruits de la vie extérieure ». Voir Louis-Honoré Fréchette, Mémoires intimes, Montréal, Fides, 1961, p. 144-145 (via la Bibliothèque électronique du Québec).

[10] Prélude au régime fédéral de 1867, la conférence de Québec s’y déroule en 1864.

[11] Incapables de s’entendre sur le choix d’une capitale définitive, les parlementaires canadiens demandent en 1857 à la reine Victoria de trancher. Le choix d’Ottawa ne contente cependant pas tous les parlementaires. À la fois pour apaiser la population du Bas-Canada et donner à la ville d’Ottawa le temps de se doter d’édifices parlementaires, Québec hérite temporairement du statut de capitale en 1859.

[12] On rend également hommage à François de Laval, membre de la branche cadette de la famille Montmorency.

[13] En 1920, un monument à sir George Étienne Cartier est installé. Près de 60 ans plus tard, le monument à Louis Hébert, qui trônait jusqu’alors dans les jardins de l’hôtel de ville, est transféré dans le parc.


Illustrations additionnelles

Plusieurs images (photographies, gravures et plans) recueillies lors de la préparation de cet article n’ont pas été publiées. Vous pouvez les consulter sur le site Flickr en cliquant sur l’image ci-dessous.

L'ancien palais épiscopal

 


Abréviations des centres d’archives

ANOM: Archives nationales d’outre-mer (France)

BAC: Bibliothèque et Archives Canada

BAnQ: Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Documents consultés

« Port-Dauphin ». Répertoire des toponymes de la ville de Québec. Ville de Québec, sans date.

BLAIS, Christian et al. Québec : quatre siècles d’une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec, 2008, IX-692 p.

CARON, Jean-François. « Parc Montmorency ». Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française, sans date.

DESCHÊNES, Gaston. « De capitale nationale à capitale provinciale : le siège du Parlement (1792-1867)». Serge COURVILLE et Robert GARON, dir. Québec ville et capitale. Archives nationales du Québec/Presses de l’Université Laval, 2001, p. 166-171. Coll. «Atlas historique du Québec ».

LABERGE, Raymond et SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE QUÉBEC. « Histoire du palais épiscopal de Québec », Québec Hebdo, 14 décembre 2008.

NOPPEN, Luc et al. Québec, trois siècles d’architecture. [Québec], Libre Expression, 1979, XI-440 p.

TÊTU, Henri. Histoire du palais épiscopal de Québec. Québec, Pruneau et Kirouac, 1896, 304 p.


Article connexe

L’édifice du bureau de poste (avant 1904)


Pour me joindre:

Courriel: vues.anciennes@gmail.com

Twitter: Histoire de Québec@vues_anciennes

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